Odense Danemark 6 et 8 juillet 2018 Championnats du Monde de Duathlon

Alain MOENNE LOCCOZ a participé aux  championnats du monde en catégorie d’âge de duathlon standard et sprint à Odense au Danemark. Il avait fixé son objectif principal sur l’épreuve sprint, mais finalement, il sera médaillé d’argent sur l’épreuve la plus longue (standard) et finira à une belle quatrième place sur l’épreuve sprint à quelques secondes du podium.

Alain nous fait un petit résumé de son séjour à Odense  : 

Évidemment que j’étais prêt, mais pas à TOUT ce qui allait se passer.
Potences des vélos changées et réglages affinés, bonne préparation physique (merci à tous), je suis parti confiant, sûr de finir mes deux courses. De façon honorable aurait été un plus. Et simplement appartenir à la première moitié des arrivants m’aurait grandement satisfait.

Alors vendredi, course standard avec pour distances officielles : 9,3 / 33,8 / 5,6 Km.

Je ne connais absolument aucun des partants dans ma catégorie et très peu ont un palmarès ITU qui de toute façon ne me renseigne pas puisque je n’ai jamais couru avec eux.

Donc course totalement en aveugle avec pour objectif de faire le mieux possible aussi bien en course à pied qu’en vélo et pouvoir terminer sans regrets. Le classement est alors pour moi un artefact, pas un but en soi.

Echauffement, « mise en sas », coup de corne et c’est parti. Deux tours d’une boucle toute plate et première difficulté : réussir le long parcours labyrinthique de la première transition pour récupérer le vélo et sortir du parc qui occupe un parking souterrain.

Ça ne se passe pas trop mal, et nous voilà en route pour deux tours d’une boucle qui possède un redoutable faux-plat montant face au vent qui devient après le demi-tour un agréable faux-plat descendant vent dans le dos. Difficulté accrue au second tour, non pas que la pente se soit accentuée mais le vent s’est renforcé.

Retour au parc pour la deuxième transition et là deux difficultés : d’abord refaire le labyrinthe de la transition puis s’extirper du sous-sol et grimper la rampe de sortie du parking. Après ça va c’est tout plat et au bout, c’est l’arrivée. La course est finie. Alors ravito, un peu de calme et retour au parc pour récupérer le vélo.

Et c’est là que tout bascule : un concurrent américain m’interpelle. Avec mon anglais niveau 6°, je finis par comprendre qu’il veut connaître mon temps. Et malgré mon anglais niveau 5° (j’ai déjà fait des progrès), il intègre l’information que je lui fournis puisqu’il enchaine avec un «Yeah, good job. I am 3° and you 2°». A cet instant c’est moi qui ne réalise pas ce qui arrive. Je pense évidemment que c’est impossible et qu’il y a eu plein d’erreurs un peu partout pour arriver à ce classement.

L’avenir tout proche m’apportera la preuve du contraire : je suis bien deuxième de cette course. Et même si je ne cesse de répéter «je n’étais pas venu pour ça», il y aura un peu plus tard un podium qui lèvera définitivement toute équivoque sur le résultat.

 

 


Très content quand même. Evidemment.

 

 

 

 

Une journée de repos et nous voilà dimanche pour le sprint avec pour distances officielles : 5,9 / 19,9 / 2,4 Km.

Là, les données de course sont différentes puisque je connais quelques concurrents : Le Royer qui est juste devant moi aux derniers championnats de France, Anglim un anglais au palmarès ITU à rallonge (27 starts, 17 podiums, 7 wins), Bessin, un canadien cycliste très gros rouleur, Leite un portugais qui m’a déjà battu. Et sans compter ceux que je ne connais pas. Je sais qu’il y aura des dossards devant moi, donc objectif modeste.

Alors on y va. La première course à pied se fait en trois boucles avec un demi-tour qui va permettre de constater qui est devant.

Au premier demi-tour, je vois Le Royer qui court comme un dératé (il a dû manger des pâtes «complètes» à la pasta party), suivi de peu par Anglim et Bessin. Je suis donc 4° jusqu’à ce que je double Bessin. Me voilà 3°. Et alors, eu égard à mes résultats du vendredi, mon état de forme et ce début de course favorable, me vient l’idée qu’il serait possible d’accrocher une deuxième médaille.

Alors en route pour une nouvelle aventure.

Et puis, première transition après ce même stressant parcours en sous-sol (mais maintenant je le connais) et début vélo. Alors que seul, dans le faux-plat face a vent j’essayais de rentrer dans des roues pas très loin, un groupe me dépasse, emmené par Bessin. Donc, je repasse 4° mais faut pas lâcher. J’arrive à m’accrocher et on restera ensemble jusqu’au parc. Quelques kilomètres plus loin, on dépasse Leite le portugais qui semble en difficulté. Il avait fait une grosse première course à pied, loin devant moi. Mes calculs de place étaient donc faux.

Je refais les comptes au demi-tour : je vois Le Royer, puis Anglim. Il y a ensuite notre groupe avec Bessin et moi (je pense qu’on a lâché Leite) et au gré des relais je suis 3 ou 4 jusqu’à la deuxième transition. Je rentre au parc devant Bessin et (transition rapide : je roule avec mes chaussures de training) en ressors 3°. J’escalade la rampe de sortie du sous-sol sans me retourner et commence vraiment à croire à cette nouvelle médaille.

Au moins pendant le premier tiers de la deuxième course à pied puisqu’alors Leite me dépasse (il n’avait donc pas été lâché en vélo et avait pu rester dans la roue). Je ne rêvais pas de podium, mais maintenant j’y tiens à ma troisième place. Alors accroche-toi Ginette. J’arrive à rester dans ses pieds un bon moment. Mais voilà, il va trop vite pour moi. Je lâche et termine sans regrets 4° à 26 secondes, une place à laquelle je commence à m’habituer. Mon copain Le Royer terrasse Anglim et ramasse l’or. Dans la catégorie des 75-79, c’est un autre copain, Pesenti, qui gagne. Bonne pioche.

J’ai d’autant moins de regrets que les chiffres parlent et que je suis éberlué par mes temps. Je ne m’imaginais pas, vu l’âge de mes artères («l’ambulance de monsieur est avancée, très avancée» chantait Alain Bashung) capable de courir la première course à pied à 14,3 Km/h, puis le vélo à 33,1 Km/h en et la deuxième course à pied à 12,5 Km/h. Mais je soupçonne les chronométreurs d’avoir voulu faire plaisir aux coureurs …

Un grand merci à tous ceux qui, par leur aide matérielle ont rendu cette aventure réalisable et à tous ceux (et celles évidemment) qui, en me soutenant au fil des entrainements, ont rendu possible ces performances et ces résultats.

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